Tout à gauche, le torse d'un cadavre est coincé entre 2 planches. A leur gauche, l'homme qui tend le bras vers l'horizon se retourne pour expliquer à ses compagnons ce qu'on vient de découvrir.Les 3 visages l'écoutent avec ferveur, l'homme du milieu joint les mains pour prier.

Et, comble de malchance, le vent souffle de droite à gauche, emportant le radeau en plein dans la direction de cette vague énorme.

Le radeau va-t-il tenir dans la tempête qui se prépare ?

Les naufragés vont-ils être jetés à la mer avant même d'avoir été repérés par le navire au loin ? A la Restauration, en 1816, l'Angleterre rend à la France le Sénégal.

Seuls deux hommes ne sont pas encore au courant - où ne veulent pas comprendre : dans une pénombre quasi-totale, sous la voile, un homme assis se tient la tête dans les mains, comme dans un accès de démence ; et le "père", l'homme barbu, plongé dans sa méditation. Elle est bien plus proche que le minuscule navire au loin , elle est presque aussi grande que le radeau, et n'a pas fini encore de grandir.

Elle risque fort d'engloutir le radeau, de jeter tous ses occupants à la mer, alors qu'ils étaient sur le point d'être sauvés.

D'autant plus que la maigre voile du radeau, qui n'a pas dû servir à grand chose faute de gouvernail, se gonfle sous l'effet du vent.

On voit un orage qui se prépare, le ciel s'obscurcit à la droite du tableau : des nuages noirs s'amoncellent, le vent forcit.

L'image est un peu sombre : Géricault a utilisé du bitume pour les noirs, technique en vogue à l'époque, mais qui a tendance à s'assombrir avec le temps - l'intention de l'artiste était donc de faire une image un peu plus claire que celle-ci.

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir : le chargement est un peu long car l'image est en haute définition. 19 compagnons d'infortune, naufragés en pleine mer.